Derrière la préparatrice mentale et l’hypnothérapeute, il y a aussi une femme, une histoire et près de vingt ans dans le monde de l’entreprise.
Trois réunions qui se chevauchent dans mon agenda ? Un mélange de stress et de fierté. Un déjeuner devant mon ordinateur ? Pénible, mais normal. Des journées qui débordent, des dossiers urgents, des sollicitations à n’en plus finir ? Mon quotidien. Et quelque part, j’adorais ça.
Cette impression d’être indispensable. De courir partout, d’avoir mille choses à gérer, d’être sollicitée en permanence. Je me sentais importante.
Aujourd’hui, quand je repense à cette période, je me dis qu’il y avait quand même quelque chose d’assez fou dans ma façon de fonctionner.
Mais à l’époque, je ne le voyais pas du tout comme ça. J’étais cette working girl qui voulait réussir, progresser, aller plus haut. Et j’avais fini par associer ma valeur à mon implication et au temps que je consacrais à mon travail. Pendant près de vingt ans, j’ai évolué dans le contrôle de gestion et le management, au sein de grandes entreprises, dont la plupart cotées au CAC 40.
J’ai aimé cette carrière. Vraiment. Mais j’ai aussi connu la pression des résultats, les échéances qui ne se négocient pas, les rythmes effrénés, la fatigue et cette difficulté à trouver un équilibre quand on a pris l’habitude de toujours en faire davantage.
Aujourd’hui, je suis préparatrice mentale et hypnothérapeute. Et si je vous racontais un peu ce qu’il y a derrière ce changement de vie ?
Quand être débordée était devenu valorisant
Dans les grands groupes où j’ai travaillé, la performance était partout. Les objectifs financiers, les résultats à atteindre, les clôtures mensuelles, les budgets, les reportings, les réunions de direction… Et ces échéances qui arrivaient, quoi qu’il arrive.
On terminait une clôture, la suivante se profilait déjà. Une présentation était à peine bouclée qu’il fallait préparer la prochaine. Les journées étaient rythmées par les réunions, les appels, les mails, les demandes urgentes. Et parfois, on avait à peine le temps de souffler.
Je me souviens de ces déjeuners avalés devant l’écran, de ces cafés bus à toute vitesse entre deux réunions, sans même prendre le temps d’échanger avec mes collègues. Et ce qui est assez incroyable, c’est que je trouvais ça valorisant.
Je n’avais pas le temps ? C’est que j’étais très demandée.
Je finissais tard ? C’est que j’avais des responsabilités.
On me sollicitait sans arrêt ? C’est qu’on avait besoin de moi.
C’était ma définition de la réussite.
J’ai connu différents environnements professionnels, essentiellement de grands groupes internationaux, mais aussi une PME familiale, une expérience psychologiquement compliquée qui m’a beaucoup appris.
J’ai participé à des projets importants, voyagé professionnellement, pris des responsabilités, évolué vers le management. J’aimais relever les défis, contribuer aux résultats, être impliquée dans les décisions. Et surtout, j’aimais cette reconnaissance. Alors je continuais à avancer, à progresser, à en faire davantage. Sans vraiment me demander jusqu’où.
Je gérais tout. Enfin, c’est ce que je croyais.
Et puis il y avait ma vie de maman. Deux petites filles, un poste très exigeant, une charge de travail considérable. Je voulais être performante au travail, mais aussi être une maman présente, une épouse, gérer la maison, les rendez-vous, les imprévus. Bref, je voulais tout réussir.
Je me revois courir pour arriver à l’heure à l’école, après une journée où je n’avais pas arrêté une seconde. Rentrer à la maison, m’occuper des filles, profiter d’elles… avec la tête encore dans mes dossiers.
Et une fois les enfants couchées ? Je rallumais l’ordinateur. Parce que la journée n’était pas terminée. Parce qu’il restait des choses à faire. Parce que demain, il y aurait encore d’autres urgences.
J’étais en permanence dans l’action. Et pendant longtemps, j’ai trouvé cela normal. Mieux : j’en étais fière. J’avais le sentiment de réussir à tout mener de front. Sauf qu’à force de vouloir être partout, je n’étais plus vraiment disponible nulle part.
Je n’avais presque plus de temps pour moi, plus de place pour le sport, peu de disponibilité pour mon couple. La fatigue s’est accumulée. Les migraines sont revenues. J’ai frôlé le burn-out. Et là, difficile de continuer à me raconter que tout allait bien.
Ce que je prenais pour une force (cette capacité à encaisser, à avancer, à toujours en faire plus) était aussi devenu quelque chose qui m’épuisait.
Je ne regrette pas mon ambition. Ni les responsabilités que j’ai prises. Mais je mesure aujourd’hui à quel point je m’étais laissée emporter par ce rythme.
Et pourtant, une autre envie était là depuis longtemps…
Ce qui est assez paradoxal, c’est que je n’avais jamais vraiment imaginé faire toute ma vie dans la finance.
Au lycée, la psychologie m’attirait énormément. J’avais aussi envisagé de devenir juge pour enfants. J’aimais l’idée de pouvoir aider, accompagner, contribuer à prendre des décisions qui permettraient à des enfants d’avoir une vie meilleure. Il y avait déjà cette envie de me tourner vers l’humain.
Mais quand il a fallu choisir mes études, j’ai été beaucoup plus pragmatique.
J’étais à l’aise avec les chiffres. J’aimais les choses structurées, prévisibles. Et surtout, je voulais de la stabilité. À cette époque, pour moi, le CDI, c’était le Graal. Un emploi stable, un bon salaire, une sécurité financière, la possibilité de me projeter sereinement dans l’avenir.
Alors j’ai choisi le contrôle de gestion. Un choix raisonnable, qui correspondait à ce que je pensais devoir rechercher. Et pendant des années, j’ai avancé dans cette voie.
Ce besoin de maîtrise, je l’ai retrouvé dans ma vie personnelle. Lorsque nous avons souhaité avoir des enfants, je pensais que les choses suivraient assez naturellement le calendrier que nous avions imaginé. Mais il y a eu des fausses couches, des déceptions, des moments douloureux, de l’attente et beaucoup d’incertitude.
Et cette prise de conscience, difficile à accepter : non, je ne pouvais pas tout décider, tout anticiper, tout contrôler.
J’ai dû commencer à apprendre à lâcher prise. Pas parce que c’était facile. Et certainement pas parce qu’il suffisait de le décider. Mais parce que la vie m’obligeait à composer avec ce qui m’échappait.
Une carrière qui avançait et moi qui me posais de plus en plus de questions
Au fil des années, j’ai continué à évoluer professionnellement. Le management m’a permis de trouver une dimension humaine qui me plaisait particulièrement. Accompagner une équipe, comprendre les personnalités, gérer les tensions, prendre des décisions, faire progresser les autres…
J’ai beaucoup appris, parfois dans des conditions compliquées, avec une charge de travail importante et des organisations exigeantes.
Mais malgré ces évolutions, une question revenait régulièrement. « Est-ce que je vais vraiment faire ça jusqu’à la retraite ? »
Et presque aussitôt :« Mais qu’est-ce que je sais faire d’autre ? »
Après tant d’années dans le contrôle de gestion, j’avais fini par m’identifier complètement à mon métier.
J’avais une belle carrière, une situation confortable, de la reconnaissance. Sur le papier, tout allait bien. Mais quelque chose ne collait plus.
Puis le Covid est arrivé. Et alors qu’une grande partie du monde était à l’arrêt, ma charge de travail, elle, ne faisait qu’augmenter. Cette période a été difficile. Elle a profondément bousculé mes repères et ma façon d’envisager la suite.
Je continuais à analyser des résultats, à faire et refaire des tableaux, à préparer des reportings, à répondre aux urgences. J’avais l’impression de fonctionner comme un robot.
Et pendant que je continuais à produire des chiffres, mes valeurs, elles, étaient sérieusement chamboulées.Je ressentais de plus en plus ce décalage entre ce que je faisais chaque jour et ce qui comptait réellement pour moi.
Je ne voulais plus continuer de cette façon.
J’ai testé de changer de métier au sein de mon entreprise. Mais cela n’a pas suffi. J’ai compris que ce n’était pas seulement une question de poste ou de fonction. J’avais besoin d’autre chose. De retrouver du sens, de retrouver de l’humain et peut-être aussi de me retrouver un peu moi-même.
Quitter tout ce que j’avais construit ? J’ai eu peur. Évidemment.
J’ai commencé à explorer cette envie que j’avais mise de côté depuis l’adolescence : comprendre l’humain, son fonctionnement, ses comportements, mais aussi toutes ces ressources que nous possédons sans toujours savoir comment les mobiliser.
L’hypnose d’abord, puis la préparation mentale. Deux approches qui me permettaient de réunir ce qui m’animait : l’humain, le sport et le monde de l’entreprise, que je connaissais si bien.
Le sport avait toujours fait partie de ma vie. J’ai grandi et évolué entourée de sportifs, notamment de haut niveau. J’ai partagé leurs émotions, découvert leurs exigences, leurs difficultés, leur engagement et cette incroyable capacité à s’investir pour atteindre leurs objectifs.
Et après avoir presque complètement abandonné ma propre pratique pendant mes années de travail les plus intenses, j’avais redécouvert combien bouger, me dépenser et prendre du temps pour moi m’aidait à retrouver un équilibre, mais aussi à être plus disponible pour ma famille et mes proches.
Finalement, je n’avais pas envie de tourner le dos à mon ancienne vie. J’avais envie de donner une autre place à tout ce qui en faisait partie.
Mais il restait une question, et pas des moindres. « Est-ce que je suis vraiment prête à quitter tout ce que j’ai mis vingt ans à construire ? »
Un salaire confortable. Des avantages. Une carrière reconnue. Une sécurité financière. Et moi qui avais toujours eu tellement besoin de sécurité !
Alors j’ai fait ce que je savais faire : j’ai préparé mon projet. J’ai suivi mes formations tout en travaillant, constitué une réserve financière, je me suis fait accompagner. J’ai pu compter sur le soutien de mon conjoint.
Et malgré toutes ces précautions, j’ai eu peur. J’ai douté. J’ai mal dormi. Mais j’ai fini par franchir le pas.
Et là, nouvelle surprise : après vingt ans à être reconnue pour mon travail, il fallait accepter de redevenir débutante.
Me faire connaître. Expliquer mon métier. Construire ma clientèle. Apprendre à communiquer, à prospecter, à développer une activité. Moi qui avais toujours travaillé en équipe, j’ai aussi découvert la solitude de l’entrepreneuriat. Et ce n’est pas toujours simple.
Il m’arrive encore de douter, de me demander si je fais assez, si je fais bien. Comme quoi, certaines habitudes ont la vie dure !
Mais je n’ai pas effacé vingt ans d’expérience en changeant de métier. J’ai simplement commencé à les utiliser autrement.
Aujourd’hui, je reconnais beaucoup mieux cette femme qui voulait tout gérer
Je ne suis pas devenue une personne qui ne se met jamais la pression. J’aime toujours les défis, les objectifs, le travail bien fait. J’ai toujours cette envie de progresser et parfois cette petite tendance à vouloir en faire trop. Mais je suis beaucoup plus attentive à ce qui se passe en moi.
Je sais reconnaître ces moments où je recommence à remplir mes journées à ras bord, à vouloir tout maîtriser, à repousser mes propres limites. J’essaie de préserver du temps pour le sport, pour ma famille, pour moi. J’essaie aussi d’accepter que tout ne soit pas parfait, que tout ne dépende pas de moi, et que ralentir ne signifie pas renoncer à réussir.
Ce n’est pas toujours gagné.
Et c’est peut-être justement pour cela que j’aime autant mon métier aujourd’hui. Parce que derrière un objectif, une performance, une difficulté ou un comportement, il y a toujours une personne et une histoire.
Lorsque j’accompagne un sportif qui se met énormément de pression, un manager qui court après le temps ou une personne qui cherche à tout gérer, je ne prétends pas avoir vécu la même chose, ni comprendre exactement ce qu’elle traverse. Chaque personne est unique, avec son histoire, ses émotions et sa manière de vivre les situations.
Mais certaines expériences de mon parcours me rendent particulièrement attentive à des mécanismes, à des mots, à des attitudes. Elles m’amènent parfois à poser une question que je n’aurais peut-être pas posée autrement, à explorer une piste, à regarder une situation sous un autre angle.
Et c’est aussi cela que j’aime dans l’accompagnement : ne jamais penser savoir à la place de l’autre, mais chercher à comprendre ce qui se joue pour lui.
Si j’ai eu envie de partager ce bout de mon histoire, c’est aussi pour vous permettre de découvrir ce qui se cache derrière mon métier.
Je n’ai pas toujours su trouver cet équilibre entre mes ambitions, mon travail, ma famille et mes propres besoins. J’ai parfois laissé la pression et mes exigences prendre beaucoup trop de place.
Aujourd’hui, je continue à apprendre à faire autrement, sans renoncer à ce qui m’anime.
Et lorsque j’accompagne quelqu’un, j’apporte bien sûr mes compétences et mes outils de préparatrice mentale et d’hypnothérapeute. Mais j’y apporte aussi mon regard, ma sensibilité et tout ce que ces années m’ont appris sur moi-même et sur les autres.
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Je suis Marion, préparatrice mentale et hypnothérapeute. J’accompagne aussi bien les sportifs, les dirigeants, les équipes en entreprise, que les personnes en cabinet pour les aider à gérer leurs émotions, à renforcer leur confiance, et à optimiser leurs performances. Spécialisée en gestion du stress et de l’anxiété, en amélioration du sommeil, et en prévention du burn-out, j’utilise des techniques variées comme la sophrologie, la visualisation, l’hypnose et l’imagerie mentale pour des résultats concrets et durables.
Si vous souhaitez découvrir comment la préparation mentale ou l’hypnose peut transformer votre quotidien ou booster vos performances, que ce soit dans le sport, au travail, ou à titre personnel, je vous invite à me contacter pour échanger sur vos besoins et vos objectifs. Ensemble, construisons votre bien-être mental et émotionnel !
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